Les
Banchieri Singers sont Hongrois, comme leur nom ne le laisse pas
vraiment entendre. Et ils chantent merveilleusement bien. Le public
des Conviviales a été comblé, mercredi, á Louvigny puis á Bully.
En ce 14 juillet, il a eu son feu d'artifice... vocal.
Patrie
de Kodaly, la Hongrie est une terre de musique vocale. Les six
jeunes chanteurs de l'ensemble Bianchieri en sont de dignes représentants.
Leur concert qui s'est partagé, mercredi soir, entre l'église
de Louvigny et la ferme du Roude á Bully a été une brillante et
jubilatoire démonstration.
Le
répertoire interprété d'abord á l'église a révélé la richesse
de la musique vocale sacrée contemporaine en Hongrie. Dans ce
domaine, on ne voit pas de compositeurs francais émerger, contrairement
á ce qui se passe aussi dans les pays nordiques. Ce sont des piéces
rares ici, qu'a donc offert le sextuor. Leurs auteurs s'appellent
György Orban, Ferenc Farkas et surtout Miklos Kocsar.
Musicalement
trés subtiles, mélodiquement saisissantes, ces oeuvres ont été
interprétées avec une rnaitrise forcant l'admiration. On ne pouvait,qu'étre
impressionné par la voix d'un des contreténors, d'une qualité
rare, ou du ténor; mais c'est surtout la cohérence sans faille
de l'ensemble que laisse la prestation des Banchieri.
Ceux-ci
n'ont pas choisi le nom du joyeux rnoine musicien de la Renaissance
au hasard. Ces six jeunes gens ont des dons de fantaisie et d'humour.
La deuxiérne partie de leur concert, introduite par un succulent
, « Bon Jour » , de Roland De Lassus, a démontré toute la palette
de leurs talents. « Le chant des oiseaux » de Janequin aura été
le « tube » de ces Conviviales. Aprés l'ensemble de l'Art et la
Fugue, les Bianchieri ont offert leur version trés colorée.
Souvenir
sans doute de leur passage auprés des prestigieux King's Singers,
ils ont chanté plusieurs mélodies britanniques, dont l'émouvante
« "That lonesome road" » et dans un festival de rappels d'un public
enthousiaste, la pétillante, « Obladi, Oblada » des Beatles. Un
véritable bouquet.